
Fabien Deglise
Actuellement, près de 6000 produits se présentent dans les épiceries comme étant des «Aliments du Québec», dont les tomates Savoura.
Les consommateurs en quête de produits alimentaires d'ici passent généralement de la parole à l'acte. C'est du moins ce qu'indique une étude comportementale de l'Université de Sherbrooke portant sur l'étiquette de provenance «Aliments du Québec». Un logo qui, une fois apposé sur un produit, fait généralement mousser sa popularité auprès des adeptes de l'achat local, indiquent les auteurs.
Orchestrée dans quatre supermarchés de la Montérégie par la Chaire Bombardier de gestion de la marque pour le compte d'Aliments du Québec, cette analyse a ciblé 15 produits locaux offerts aux consommateurs tantôt avec logo, tantôt sans. La sauce BBQ de marque Cordon Bleu, la mozzarella râpée Saputo, le jambon Olymel, la margarine Nuvel, les croustilles Miss Vickie's ou encore la crème glacée Coaticook étaient du nombre.
Résultats? En revêtant des attributs régionalistes, ces produits ont vu leur part de marché augmenter en moyenne de 2,8 %, ont indiqué hier les responsables de l'enquête à l'occasion d'une conférence tenue en marge du Salon international de l'alimentation (SIAL) qui a ouvert ses portes hier à Montréal. Il s'agit «d'un effet assez important», selon eux, 1 % de part de marché pouvant facilement se traduire par des milliers de dollars de revenus supplémentaires.
Dans le détail, le cheddar deux ans de marque Perron semble tirer profit de cette étiquette qui fait grimper sa popularité, selon cette enquête qui s'est étendue sur 39 semaines, de... 22 %. Le saumon fumé Grizzly a vu lui aussi sa part de marché bondir, de 4 %, en exposant le logo d'Aliments du Québec.
«Ces résultats sont faramineux, a commenté hier Lyne Gagné, directrice générale d'Aliments du Québec. Cela fait des années que nous cherchions des arguments pour inciter les transformateurs et les distributeurs à intégrer ce logo sur leurs produits. Tous se demandent si ça donne quelque chose. Ils ont maintenant une réponse.»
6000 produits
Actuellement, près de 6000 produits se présentent dans les épiceries comme étant des Aliments du Québec. Pas moins de 80 % de leurs ingrédients proviennent d'ici, selon les conditions d'utilisation du logo. Il en coûte entre 100 $ et 1000 $ par an aux 380 entreprises actuellement membres pour l'usage de cette étiquette, une marque de commerce du Conseil de promotion de l'agroalimentaire québécois (CPAQ).
Cet organisme sans but lucratif a été fondé en 1996 par le ministère de l'Agriculture, l'Union des producteurs agricoles (UPA), mais aussi par des représentants de l'industrie de la transformation alimentaire et de la grande distribution pour accroître la visibilité et les ventes des produits alimentaires du Québec. Et ce, dans une logique de développement économique.
Les consommateurs y sont d'ailleurs sensibles. En 2004, une mesure de la notoriété de cette marque menée par Descaries & complices a indiqué que 69 % des répondants étaient capables de reconnaître ce logo. Juste après la certification biologique, reconnue par 75 % des gens.
Par ailleurs, près de la moitié des consommateurs disent rechercher ce marqueur identitaire lors de leurs achats, selon un sondage Léger Marketing datant de 2007. Plus du tiers sont également prêts à dépenser 5 $ et plus pour un produit alimentaire qui s'accompagne de retombées économiques locales.
http://www.ledevoir.com/2009/04/02/243260.html?fe=6536&fp=400691&fr=141421
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Commentaires
Aliments du Québec: un logo qui rapporte...à qui?
S'il fallait donner une autre preuve de la validité relative d'un logo, en voici une autre. Il y a acheter local et acheter local. Il y a acheter "aliments du Québec" et aliments de qualité du Québec. Il y a les fromages Saputo et les fromages de l'Île-aux-Grues. Il y a le jambon Olymel et les porcs élevés autrement.
Le porc d'Olymel est du porc élevé de manière industrielle, presque cruellement, entassé, nourri de moulée OGM et souvent épicée d'antibiotiques pour que l'animal prenne du poids plus rapidement, dont les déjections seront mêlées à une grande quantité d'eau qui marinera un bout de temps dans une fosse pour être ensuite épandues sur des champs qui serviront à faire pousser d'autres plantes OGM.
Pour ceux qui sont sensibles au sort qu'on réserve aux animaux de boucherie, pour ceux qui s'inquiètent des algues bleues dans nos lacs et nos rivières, pour ceux qui veulent que les petites fermes familiales ne soient pas gobées par les intégrateurs, il faut faire un pas de plus lorsqu'on choisi le porc et le jambon pour sa table.
Pour des sources de porc et jambon provenant de fermes biologiques du Québec, puis-je suggérer de consulter l'Annexe 3 du livre "Porcheries! La porciculture intempestive au Québec", collectif sous la direction de Denise Proulx et Lucie Sauvé, éditions ÉcoSociété, 2007.
Les voisins des méga-porcheries seraient reconnaissants que l'on soit conscient de la différence.
Johanne Dion,
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J'encourage les gens qui ne savent pas comment cela se passe avec notre gouvernement provincial depuis belle lurette de consulter le plan vert de l'Union Paysanne. On y apprend ou passe notre argent, soit en subvention des fermes industrielles au lieu de privilégier les petite fermes, donc le contraire du bon sens... c'est un des points du plan vert de l'Union paysanne de suggérer d'autres mesures et qui sont plus économiques.
Aussi ces fermes industrielles produisent des chairs animales dommageables pour la santé humaine et pour l'environnement. Voir mon blogue www.infossante.com
lise jacques
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Il y a des gens qui ont compris bien avant nous. On a qu'à penser au formage p'tit québec qui est fait en Ontario. La cie doit se taper sur les cuisses.
Frédéric Fradette
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C'est bien légitime d'avoir confiance aux produits québécois. Que penser des aliments importés de Chine et des pays du Sud qui utilisent encore des pesticides bannis par le Canada, l'Union Européenne et les États-Unis depuis longtemps et qui nous reviennent dans notre assiette par l'importation...
Selon les rapports des derniers commissaires à l'environnement, les analyses se fontrares à Santé Canada...
lise jacques