par Nathalie Elgrabli
Économiste, Institut économique de Montréal
Maintenant, on nous vante les mérites des ampoules fluocompactes. Hydro-Québec et David Suzuki martèlent qu'elles consomment 75% moins d'énergie et durent 10 fois plus longtemps que les ampoules à incandescence, tandis qu'Ottawa entend rendre leur utilisation obligatoire d'ici 2012.
Évidemment, on escamote le fait que les fluocompactes n'ont pas les mêmes vertus calorifiques que les ampoules traditionnelles, et qu'elles pourraient même engendrer une augmentation des rejets de GES.
Mais, surtout, on se garde de préciser que ces «petites merveilles» contiennent cinq milligrammes de mercure, un métal lourd si dangereux pour la santé et pour la nature qu'on l'a inscrit en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement sur la liste des substances toxiques dont on vise la quasi-élimination. Plusieurs pays ont même carrément interdit les thermomètres au mercure.
Les fluocompactes ne doivent donc pas être jetées aux poubelles. Des entreprises spécialisées doivent les traiter comme des produits dangereux. Mais surtout, il faut éviter de les briser, car il faudrait décontaminer l'endroit de l'incident. Et le procédé est laborieux! Selon l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA), on ne doit jamais aspirer les débris avec un aspirateur, car on ne ferait qu'augmenter le niveau de contamination. Il faut aérer la pièce, diminuer la température, porter des lunettes, une combinaison et un masque. Ensuite, il faut rassembler les débris dans un contenant hermétique, appliquer sur la zone le côté collant d'un ruban adhésif, apporter le contenant hermétique dans un endroit où l'on traite les déchets toxiques, etc.
Nous devons, certes, économiser l'énergie. Mais faut-il pour autant risquer notre santé en introduisant dans nos demeures des ampoules potentiellement toxiques? N'est-il pas absurde de vouloir sauver la planète en augmentant l'utilisation d'un produit hautement dangereux? Et ne devrions-nous pas être correctement avisés des dangers que peut occasionner le bris des fluocompactes et des moyens à prendre dans une telle éventualité?
Si Ottawa voulait vraiment défendre l'environnement et protéger les Canadiens, il les informerait des risques pour que nous puissions prendre des décisions éclairées et ne bannirait pas les ampoules incandescentes. Au lieu de cela, on nous fait croire que les fluocompactes constituent l'éclairage de l'avenir. Quelle arnaque!
http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=11341 &L=fr
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