Le PQ réclame l'élimination d'un règlement sur les chirurgies faites au privé
QUEBEC — Un règlement sur les cliniques privées doit être éliminé parce qu'il ouvre la porte au développement d'un système parallèle, a indiqué jeudi le Parti québécois.
Le porte-parole péquiste des dossiers de santé, Bernard Drainville, s'est dit insatisfait de la décision du gouvernement de suspendre l'application d'un règlement précisant l'application d'une loi sur le recours aux assurances privées pour trois chirurgies.
"La suspension n'est pas suffisante, il faut éliminer le règlement de la loi 33, a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Pour la simple et bonne raison que, selon nous, ce règlement-là crée beaucoup d'inquiétude, beaucoup de confusion parce qu'il ouvre la voie au développement du secteur privé dans le domaine de la santé."
Selon M. Drainville, ce règlement, qui devait à l'origine entrer en vigueur le 1er janvier, va beaucoup trop loin en permettant aux cliniques privées de pratiquer une cinquantaine de chirurgies.
Le règlement autoriserait notamment les cliniques privées à faire des opérations aux voies respiratoires, aux systèmes vasculaires, au système digestif et au système nerveux, a indiqué le porte-parole péquiste.
La loi 33 permet de recourir à une assurance afin de couvrir les chirurgies de la hanche, de la cataracte et du genou effectuées dans une clinique privée.
Le PQ estime que le recours au privé ne doit pas augmenter au-delà de ce qui se fait actuellement.
"Ce qu'on dit, c'est qu'il y a déjà assez de place pour le privé en santé, a dit M. Drainville. Restons-en là et développons un système public de santé qui est fort, qui est accessible puis qui reste gratuit."
La décision gouvernementale, publiée le 30 décembre dans la Gazette officielle du Québec, suspend l'entrée en vigueur d'un règlement jusqu'au 30 septembre prochain.
M. Drainville a affirmé qu'il fallait profiter de cette période de neuf mois pour amorcer un débat sur la place du privé en santé.
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"Profitons des neuf mois à venir pour discuter du cadre, pour discuter des balises qui vont nous permettre de faire en sorte que le privé dans le domaine de la santé ait un rôle qui soit limité et bien contenu", a-t-il dit.
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La loi 33 et, surtout, le règlement sur son application qui avait adopté l'été dernier, sont venus étendre les types de chirurgies qui pourront être pratiquées dans le privé par des cliniques médicales spécialisées.
Mercredi, le bureau du ministre de la Santé, Yves Bolduc, a indiqué que le règlement avait été suspendu parce qu'il était incomplet.
En novembre, deux centrales syndicales ont annoncé leur intention de contester ce règlement, qui a fait l'objet d'un décret le jour du départ de l'ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard.
Jeudi, M. Drainville a estimé que ce règlement avait été adopté dans un contexte "trouble" puisque par la suite, M. Couillard a trouvé un emploi auprès d'un fonds spécialisé dans l'investissement dans les entreprises privées du secteur de la santé.
"Je ne m'attends pas, moi, à ce que le gouvernement Charest admette qu'il a commis une erreur, a-t-il dit. Ce que je dis, c'est que, à partir du moment où il suspend l'application du règlement, ça ouvre la porte à une remise en question de ce règlement-là et à une discussion pour le remplacer par autre chose qui ferait le travail."
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