Par ALLAIN JULES,
Cet article reprend simplement les assertions de Naomi Klein, qui appelle à un boycott total d’Israël pour enfin l’amener à la raison. L’auteure à succès, avec notamment le best seller « no logo-La dictature des marques », traduit dans plus de 28 langues, avec à la clé, plus d’un million d’exemplaires vendus, est aussi, une journaliste respectée, plusieurs fois primée, chroniqueuse internationale et activiste canadienne. Elle n’est pas une inconnue sur la planète alter mondialiste. Eprise de liberté et de justice, elle avait co-signé avec Jean Bricmont et Geoffrey Geuens, en 2004, le fameux « Mourir pour McDo en Irak-Colonisation américaine, résistance irakienne ». Naomi Klein c’est des chroniques régulières et très estimées dans le Guardian, le New York Times, et The Nation entre autres. Son dernier opuscule, « The shock doctrine- The rise of disaster capitalism » est déjà aussi un best seller international. Naomi Klein c’est aussi une brillante économiste, diplômée de la prestigieuse London School of Economics and political science. D’ailleurs, ces extraits sont tirés de son pamphlet contre le massacre perpétré à Gaza, quelle juge sans fioriture, comme un nettoyage ethnique, un crime contre l’humanité, bref, un génocide.
Israël : Boycott, Divest, Sanction, (Israël : boycott, cessions d’actifs et sanctions), Tel est le titre du pavé dans la mare que vient de lancer Naomi Klein, exacerbée par le comportement de l’Etat hébreu, qu’elle considère comme un pays d’Apartheid. Elle préconise donc de procéder comme avec l’Afrique du Sud pendant la période de triste mémoire de l’apartheid. Elle commence son article par, je cite : « Il est temps. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. La meilleure stratégie pour mettre fin à l'occupation de plus en plus sanglante d’Israël, c’est qu’il devienne la cible d’un mouvement global, mêlant boycott, cessions d’actifs et sanctions, similaire à celui qui a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud. »Elle détaille en 4 points essentiels, ce qu’il faut faire.
Elle indique que, depuis bientôt 4 ans, des groupes de palestiniens ont rencontré les fameux membres de la communauté internationale, pour exiger des sanctions contre Israël sans succès. Or, selon Naomi Klein, c’est la seule façon de faire plier l’Etat hébreu, et lui signifier qu’il n’est pas au dessus des lois. C’est ainsi qu’elle souhaite encourager toutes les luttes de la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions, initiée par le BDS. Elle considère que, des mesures restrictives, surtout économiques, sont plus importantes que des négociations pour un cessez-le-feu hypothétique. Elle rappelle d’ailleurs que, des artistes de renom, des universitaires et des personnalités israéliennes, ont écrit aux ambassadeurs étrangers en poste en Israël, ce qui met en évidence les mensonges de la presse française qui estime que toute la population israélienne approuve cette offensive sur Gaza. Voici en quatre points, ce qu’elle préconise :
1. Mettre en place, des mesures punitives contre Israël, car, les échecs pour les convaincre avec un "engagement constructif" ont constamment accouché d’une souris. Depuis 2006, Israël n'a cessé son escalade de la criminalité: expansion des colonies, le lancement d'une scandaleuse guerre contre le Liban, punition collective de Gaza par un blocus brutal et abscons. Les armes et les 3 milliards de dollars d'aide annuelle que les Etats-Unis envoie à Israël doivent être stoppés. Plus Israël est violent et viole le droit international, plus il connaît une amélioration spectaculaire de ses relations diplomatiques, culturelles et les relations commerciales avec une variété d'autres alliés. Par exemple, en 2007, Israël est devenu le premier pays non latino-américain, à signer un accord de libre-échange avec le Mercosur. Au cours des neuf premiers mois de 2008, les exportations israéliennes vers le Canada ont augmenté 45 pour cent. Un nouvel accord commercial avec l'Union européenne a appelé à doubler les exportations des produits alimentaires de l’Etat hébreu. Et le 8 Décembre, les ministres européens ont "modernisé" l’accord d'association avec l’UE (Union européenne). Dans la foulée, les dirigeants israéliens ont commencé leur dernière guerre à Gaza.
2. Israël n'est pas l'Afrique du Sud, c’est sûr. En revanche, lorsque tout est épuisé : manifestations, pétitions, pourparlers, lobbying etc., que faut-il faire d’autre ? La pertinence du modèle sud-africain prouve que ce régime raciste, n’a cédé que sous la pression économique. Il y va de même pour Israël. Il y a d’étranges similitudes dans les territoires occupés palestiniens que lors de la période d’apartheid en Afrique du sud. Ce sont pratiquement les mêmes échos, affligeants et tristes, les mêmes images qui nous parviennent. Contrôle d’identité, Pass pour pouvoir voyager, bulldozer détruisant des maisons, déplacements forcés des populations, agressions des autochtones par des colons. Ronnie Kasrils, un homme politique sud-africain, a déclaré que l'architecture de la ségrégation qu'il vit en Cisjordanie et à Gaza, était "infiniment pire que l'apartheid." Nous étions en 2007, lorsque Israël, commença sa guerre totale contre la prison à ciel ouvert qui est la bande de Gaza.
3. Pourquoi singulariser Israël où les États-Unis, la Grande-Bretagne et d'autres pays occidentaux qui font la même chose en Irak et en Afghanistan? Le Boycott ne saurait être donc, un dogme, mais plus, une tactique. La raison pour laquelle les stratégies du BDS devraient être appliqués contre Israël sont pratiques: Israël est un petit pays (taille), qui est entièrement dépendant du commerce et par conséquent, c’est justement dans ce sens qu’il faudrait travailler.
4. Le boycott ne rompt pas la communication. Nous avons davantage, besoin de dialogue, pas moins en tout cas. Sur ce point, je vous répondrai par une histoire personnelle. Pendant huit ans, mes livres ont été publiés en Israël par un commercial de la maison Babel. Mais lorsque j'ai publié The Shock Doctrine, je tenais à respecter le boycott. Sur les conseils des militants du BDS, dont le merveilleux écrivain John Berger, j'ai contacté un petit éditeur appelé Andalus. Andalus est un activiste de la presse, très impliqué dans le mouvement anti-occupation israélien. C’est la seule édition consacrée exclusivement à la traduction de l'arabe, écrit en hébreu. Nous avons élaboré un contrat qui garantit que tous les bénéfices qui tirerait Andalus, iraient à son travail, et aucun pour moi. En d'autres termes, je boycotte l'économie israélienne, mais pas les Israéliens.
En conclusion, Naomi Klein, demande à toutes les multinationales, de boycotter le régime israélien, et non les israélien, ce qui amènerait vraisemblablement à une prise de conscience de leur part. Elle pousse sa réflexion sur tous les secteurs d’activités, technologique, agricole, communication, comme commerciale, en demandant une mobilisation mondiale. A-t-elle raison ?
http://leflingueur.lejdd.fr/2009/01/14/91-il- faut-sanctionner-israel