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Publi le lundi 29 octobre 2007

Lundi 29 octobre 2007

L'autosuffisance alimentaire comme base pour la liberté, l’indépendance et la paixYP

L'autosuffisance alimentaire d’un pays sur la base d’aliments sains, produits en harmonie avec la nature est actuellement une nécessité. Il est indispensable d’assurer la autosuffisance alimentaire. Pour la réaliser, il faut une agriculture paysanne, c’est-à-dire un nombre aussi élevé que possible de petites et moyennes exploitations familiales qui peuvent cultiver leurs terres proche de la nature et de manière durable. Pour cela, il faut aussi un nombre d’animaux domestiques adapté à la superficie et aux conditions du sol. Et avant tout, il faut des conditions cadres politiques qui protègent les bases de vie naturelles du pays notamment le sol, l’air, l’eau, le travail de la famille ­paysanne et ses produits. Cette protection globale est garantie par l’article sur l’agriculture dans la Constitution fédérale, mais elle est cependant constamment minée par les aménagements et réaménagements de la politique agricole. A travers le référendum contre la loi sur l’agriculture nous avons, en tant que citoyens, la possibilité d’exiger – dans l’intérêt d’un approvisionnement en produits alimentaires sains et sûrs – les corrections fondam­entales nécessaires et de reprendre en main notre autosuffisance alimentaire. L’article ci-dessous, présente quelques réflexions à ce sujet.
L’autosuffisance alimentaire : un objectif souhaitable

S’alimenter par ses propres moyens, prendre son destin entre ses mains et répondre aux exigences de la vie rend fort et indépendant. Cela n’est pas seulement vrai pour les individus mais aussi pour chaque pays. Un pays qui s’approvisionne de façon autonome n’est guère sujet au chantage. Sans autodétermination et sans économie productive aucun pays ne peut faire du commerce équitable avec d’autres pays en partenaires égaux pour combler d’éventuels manques de ravitaillement. C’est non sans raison que la plus grande puissance mondiale, ensemble avec d’autres nations, détruit systématiquement les agricultures indigènes des pays pauvres. En submergeant les marchés avec des aliments bon marché, les paysans perdent leur marché de proximité et sont forcés soit d’abandonner soit de produire pour les marchés d’exportation. Cela permet à l’agro-industrie multinationale d’octroyer aux paysans entre autres de la semence génétiquement modifiée et de créer ainsi des dépendances irréversibles. Ce n’est pas non plus sans raison que les mêmes puissances qui, dans les pays où ils font la guerre, détruisent systé­matiquement les banques de semences contenant les vieilles semences traditionnelles et adaptées, à l’instar de ce qui s’est passé en Irak. Ainsi, un développement culturel millénaire a été détruit irréversiblement. Cela doit nous faire réfléchir. C’est notre devoir moral et politique de protéger notre propre agriculture pour être en mesure de nous ravitailler de façon autonome et de libérer des forces pour aider ces pays gravement atteints.
Protection des bases de vie naturelles

Nous avons reçu le sol, l’air et l’eau de nos ancêtres et nous avons le devoir de transmettre ces bases de vie aux prochaines générations pour qu’elles aussi puissent en vivre.


Protection de nos propres produits alimentaires

Si nous aspirons à l’autosuffisance alimentaire nous devons protéger nos propres produits. Il faut donc les protéger de la concurrence par des aliments importés bon marché. En Suisse, nous avons jusqu’à présent des directives écologiques très strictes dans la culture des céréales et des fourrages ainsi que dans l’élevage des animaux domestiques ; la culture de plantes génétiquement modifiées est actuellement interdite en Suisse. C’est pour cette raison que nous avons en Suisse des aliments d’aussi bonne qualité. Mais ces lois ne s’appliquent que chez nous ! Déjà chez nos plus proches voisins ces directives sont beaucoup moins sévères. La culture de fourrage génétiquement modifié est partiellement permise, les normes pour les engrais et le traitement par pulvérisation, les directives pour les animaux et leur élevage et beaucoup d’autres choses ne sont pas comparables avec nos normes de qualité. Les médias nous informent suffisamment sur les conditions de travail inhumaines dans beaucoup de pays. C’est pourquoi l’exigence de devoir être compétitifs avec nos produits agricoles sur le marché mondial est insensée. En Suisse, les coûts de production sont plus élevés suite aux données naturelles, aux niveaux des salaires et aux standards de qualité et de production souvent plus élevés. Evidemment cela se répercute sur les prix des produits.
Toute personne ayant vécu la Seconde Guerre mondiale ou étudié la situation de ce temps-là, sait à quel point l’autosuffisance alimentaire est importante. Seul un pays indépendant, qui possède les bases pour nourrir lui-même sa population, peut vivre dignement. Pour cette raison, c’est un devoir politique et moral de protéger nos produits agricoles par des dispositions légales. La protection de la propre production doit de nouveau être reconnue comme légitime, car il n’y a rien de plus légitime pour un pays que de protéger ses bases de vie c’est-à-dire notamment son agriculture et son environnement au sens le plus large. Si chaque pays fait de même, un commerce équitable est possible. Et cela nous avancerait un bon bout vers un monde plus pacifique.


Ce qu’il faut en plus

Si nous savons que la prospérité, dont nous profitons aujourd’hui encore, est produite aux dépens d’autres gens et d’autres pays, nous ne pouvons pas, en tant qu’hommes être réellement heureux dans la profondeur de notre conscience. Quand le voisin va mal, cela me concerne. . A part cela, la question du mode de vie se pose à chaque citoyen individuellement. Si nous nous rendons compte que nos habitudes d’alimentation et de consommation ont un impact direct sur la situation dans le monde, nous pouvons là aussi apporter notre contribution. •


 Traduction Horizons et débats


par jeromet le 2007-10-29 12:09:03
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