Jeudi 09 décembre 2004
BELLEDUNE risques à la santé
Un spécialiste des contaminants atmosphériques, David Pengelly, a soutenu mardi que l'entrée en fonction de l'incinérateur de sols contaminés de la firme Bennett à Belledune, au Nouveau-Brunswick, poserait des "risques inacceptables" à la santé humaine.
L'expert s'est penché sur deux études: l'une faite par le ministère de l'Environnement du Québec sur un incinérateur semblable de Bennett à Saint-Ambroise (Saguenay_Lac-Saint-Jean), et l'autre réalisée à Belledune par la compagnie elle-même.
Selon l'analyse de M. Pengelly, l'incinérateur de Belledune contribuerait
à accroître les risques de maladies non-cancéreuses, mais qui affectent le système immunitaire, le système endocrinien et le développement des enfants.
"Quand les émissions de l'usine s'ajouteront aux taux d'exposition prévus
à partir de la contamination actuelle, les risques de cancer seraient supérieurs aux limites en vigueur au Nouveau-Brunswick", affirme David Pengelly dans un communiqué.
"A la suite des ces constatations, il nous apparaît que cette usine ne devrait pas être autorisée à fonctionner", ajoute-t-il, en rappelant que l'incinérateur rejettera de nombreux contaminants, dont des dioxines, des furanes et de l'arsenic.
De récentes analyses des sols effectuées près de l'usine de Saint-Ambroise ont révélé que les taux de dioxines et de furanes dépassent nettement les limites établies par le Conseil canadien des ministres de l'Environnement. Bennett conteste toutefois ces conclusions.
L'incinérateur de Belledune, construit au coût de 29 millions $, devait être mis en fonction cet automne, mais la perte d'un important contrat américain a entraîné un report.
Le Comité de citoyens de Belledune cherche à obtenir la révocation du permis de construction octroyé à Bennett devant la Commission d'appel d'évaluation et de planification du Nouveau-Brunswick.
En parallèle, la Cour d'appel fédérale doit entendre au printemps une contestation du ministère fédéral de l'Environnement, qui voudrait que l'Agence canadienne d'évaluation environnementale examine les effets transfrontaliers de l'incinérateur. En août, la Cour fédérale avait rejeté cette possibilité.
David Pengelly, titulaire d'un doctorat en physiologie humaine, travaille
à l'Institut de l'environnement et de la santé de l'Université McMaster et de l'Université de Toronto. Le Nouveau-Brunswick a déjà retenu ses services afin d'analyser le projet d'expansion de la raffinerie Irving de Saint-Jean.
Mardi, le Bloc québécois a sommé Ottawa de recourir aux dispositions de la Loi sur les pêches et de décréter un moratoire sur la mise en service de l'usine jusqu'à ce que des évaluations approfondies soient réalisées.
http://www.matin.qc.ca/quebec.php?article=20041207153656
par jeromet
le 2004-12-09 07:29:11
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