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Publi le vendredi 06 août 2004

Vendredi 06 août 2004

Parti 10 jours

par jeromet le 2004-08-06 21:21:49
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Vendredi 06 août 2004

Les données provenant du Canada serviront à l'arsenalisation de l'espace yp

OTTAWA ET WASHINGTON MODIFIENT L'ENTENTE SUR NORAD

Le Canada et les États-Unis se sont entendus pour modifier l'accord sur le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du nord pour l'adapter au déploiement cet automne du bouclier antimissile américain. L'accord conclu entre les Etats-Unis et le Canada permettra au Norad, créé en 1958, de conserver sa fonction d'alerte antimissile même après le déploiement du nouveau système américain.  Ce qui veut dire que le gouvernement canadien continuera d'avoir son mot à dire en matière de défense antimissile continentale, même s'il décidait de ne pas participer au projet américain.

RCI

  Ottawa fait un pas de plus vers une participation au bouclier antimissile
PAR SYLVAIN LAROCQUE

Lors d'un point de presse, le ministre de la Défense, Bill Graham, a expliqué que l'amendement permettrait aux autorités américaines d'avoir accès aux données stratégiques recueillies par le NORAD pour guider le futur bouclier.

M. Graham a soutenu que sans cette modification, le commandement américano-canadien, qui existe depuis plus de 40 ans, risquait de devenir "désuet".

"Cette décision a été prise dans le but de préserver le NORAD", a-t-il déclaré lors d'un point de presse à Ottawa.

"Il était clair que les Etats-Unis avaient l'intention de construire un système parallèle s'ils n'avaient pas pu utiliser le NORAD pour leur défense antimissile, a-t-il précisé. Nous devions prendre cette décision maintenant, sinon les Etats-Unis auraient commencé à ériger ce système-là, ce qui aurait éventuellement rendu le NORAD obsolète. Or, c'est là une institution extrêmement importante pour la défense de l'Amérique du Nord."

Même si cette annonce constitue la deuxième depuis janvier à rapprocher le Canada d'une participation au bouclier antimissile américain, le ministre Graham a assuré que le gouvernement ne prendrait sa décision finale à cet égard qu'à l'automne, après "consultation" des parlementaires de tous les partis.

"Cet accord ne préjuge en aucune manière une décision éventuelle de participer dans un système de défense antimissile", a répété le ministre.

Il reste que même sans participer officiellement au projet, le Canada a commencera bientôt à partager avec les Etats-Unis des renseignements qui serviront au déploiement du bouclier.

"Nous partageons déjà de telles informations avec les services secrets des pays alliés", s'est défendu le ministre.

Critiques


Steven Staples, analyste militaire au Polaris Institute, un organisme d'intérêt public sans but lucratif, n'a pas tardé à qualifier les arguments du ministre de "fous".

"Chaque étape que nous franchissons rend de plus en plus impossible pour le Canada de ne pas prendre part au bouclier", a-t-il estimé.

Alexa McDonough, critique néo-démocrate en matière d'Affaires étrangères, a accusé les libéraux d'avoir "trahi" la population en prenant cette décision qui, selon elle, contribuera à l'arsenalisation de l'espace.

"La suggestion de Bill Graham selon laquelle l'avenir du NORAD serait menacé sans (l'inclusion du bouclier antimissile) est dangereuse, trompeuse, même perfide", a affirmé Mme McDonough.

"Où est l'assurance de la part de l'administration Bush que les données provenant du Canada ne serviront pas à l'arsenalisation de l'espace", a demandé M. Staples, en rappelant que durant la dernière campagne électorale fédérale, le premier ministre Paul Martin s'est opposé à cette idée.

Du côté du Bloc québécois, le député Claude Bachand déplore qu'Ottawa ait modifié l'accord sur le NORAD sans avoir au préalable révisé sa politique de défense, qui date de 10 ans. Il croit toutefois qu'il est encore possible pour le Canada de ne pas participer au bouclier antimissile. Le parti souverainiste réclame d'ailleurs la tenue d'un vote aux Communes sur la question.

Quant aux conservateurs, ils n'ont pas encore décidé s'ils allaient s'opposer ou non à la participation du Canada au projet américain. Le porte-parole du parti en matière de Défense, Gordon O'Connor, a cependant admis que l'annonce de jeudi laissait croire à une décision favorable d'Ottawa.

Créé en 1958, le NORAD est l'organisation binationale responsable de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord. Le NORAD détecte les attaques d'aéronefs ou de missiles ennemis et prévient les deux gouvernements.

Outre les bloquistes et les néo-démocrates, plusieurs députés libéraux s'opposent au projet de bouclier antimissile, qui prévoit l'installation de lance-missiles sur terre et sur mer afin d'abattre des missiles en perdition ou en provenance de pays dits "voyous".

Ottawa réplique que Washington lancera son projet avec ou sans son appui. Il vaut donc mieux prendre part à sa mise en place et à sa supervision que de demeurer en retrait, avance-t-on.

Les opposants au projet soutiennent qu'il est démesurément coûteux, que son efficacité est loin d'être prouvée à ce jour et qu'il pourrait relancer une course aux armements

http://mesnouvelles.branchez-vous.com/Nationales/040805/N080590U.html


par jeromet le 2004-08-06 13:06:48
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Vendredi 06 août 2004

Petrole:l'apprentissage de la sobriété. yp

La fin imminente du pétrole bon marché est la plus grande épreuve qu'ait jamais affrontée l'humanité

Un monde de brut

Repousser les effets de la crise pétrolière passera forcément par l'apprentissage de la sobriété.


Plusieurs raisons sont couramment évoquées pour expliquer la hausse actuelle des cours du pétrole sur les marchés mondiaux. Il y aurait les affres de Ioukos, premier exportateur russe, menacé de banqueroute par Vladimir Poutine qui lui réclame des arriérés d'impôt. Les mouvements de brut du Venezuela vers les Etats-Unis seraient fragilisés par la proximité du référendum contre le président Chavez, le 15 août prochain. Le Nigeria est en proie à des troubles durables. Les Etats-Unis relèvent leur niveau d'alerte contre le terrorisme. Le conflit israélo-palestinien devient chaque jour plus aigu. L'Irak enfin est au bord du chaos. Ainsi, le facteur «peur» serait responsable d'une surcote de cinq à huit dollars par baril.

Une autre série de raisons, d'ordre économique, sont aussi parfois suggérées. La demande mondiale en produits pétroliers, notamment en huiles légères, est plus forte que prévue. La Chine est en plein boom. Sa demande en pétrole augmente de 30 % par an. L'Inde suit le même chemin. Dans ces pays, la richesse récente des dizaines de millions d'individus de la nouvelle classe moyenne s'exhibe par l'achat de voitures. Pas des Clio, tout juste bonnes pour les prolétaires européens. Des Mercedes, des BMW, des 4x4. Ces derniers se vendent d'ailleurs toujours bien aux Etats-Unis, malgré une hausse de plus de 25 % du prix du gallon de super à la pompe californienne depuis le début de l'année 2004. Ils se vendent bien aussi en Europe comme le montrent les chiffres du premier semestre, bien que le SP98 ait augmenté de plus de 10 % sur cette période.

A cette demande mondiale inattendue, les fournisseurs auraient du mal à répondre, ils seraient «limités par leur capacité de production». Cette dernière assertion est ambiguë. Signifie-t-elle simplement que les compagnies pétrolières et les Etats importateurs n'ont pas suffisamment investi dans des installations de raffinage ces dernières années ? Ou bien veut-elle dire que les volumes de brut extraits tous les jours sont désormais plafonnés pour des raisons géologiques de déplétion de la ressource ? Même en Arabie Saoudite ?

La réponse à cette alternative est controversée. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) est, en principe, la source d'information et de prospective la plus fiable qui soit. Dans son dernier rapport, elle indique que la demande mondiale de pétrole devrait passer de 3604 MTep (millions de tonnes de pétrole) de l'an 2000 à 4772 MTep en 2010, puis 5769 MTep en 2030. Autrement dit, une croissance moyenne de 1,6 % par an, de 75 millions de barils par jour en 2000 jusqu'à 120 millions de barils par jour en 2030. Où trouver ces dizaines de millions de barils par jour supplémentaires ? L'Association for the Study of Peak Oil and Gas (Aspo) est un rassemblement de géologues pétroliers à la retraite, d'universitaires européens et de personnalités pétrolières. Elle prétend que ces barils supplémentaires n'existent pas.

Le monde des observateurs du pétrole est ainsi coupé en deux. Les «optimistes» (L'AIE, l'Institut français du pétrole, la quasi-totalité des économistes, les grandes compagnies pétrolières, les pays exportateurs...) estiment que la recherche et le développement parviendront à combler le déficit en agissant dans cinq directions principales : optimisation de la production dans les champs matures, développement de l'off-shore profond, exploration et extraction dans les zones arctiques, récupération des huiles extralourdes, émergence des carburants de synthèse. Les «pessimistes» (l'Aspo, plusieurs grands géologues...), sans nier les efforts technologiques récents, estiment que le déclin global est proche et que les cours du pétrole croîtront alors fortement, inaugurant ainsi l'ère de l'énergie chère. Faute de s'y préparer, le monde s'apprête à vivre des moments difficiles.

L'une des grandes différences entre le point de vue des «optimistes» et celui des «pessimistes» est l'importance accordée au temps. Pour les «optimistes», le quotient entre les réserves de pétrole (un peu plus de 1000 milliards de barils) et la consommation mondiale annuelle (un peu plus de 25 milliards de barils) nous donne encore quarante ans de consommation au rythme actuel. Pour les «pessimistes», ce quotient n'a aucun sens. Ce qui compte est la date du pic de production, à partir de laquelle les prix s'envoleront. Sommes-nous donc aujourd'hui au pic ? Ali al-Naïmi, ministre saoudien du Pétrole, affirme au contraire que son pays a les moyens d'exporter rapidement un million de barils supplémentaires par jour, plus encore à terme si nécessaire. Mais Matt Simmons, patron de la plus habile des compagnies américaines d'investissement en énergie, affirme au contraire : «The Saudis are out of capacity.» Qui croire ? En tout cas, qu'un événement violent conduise à la baisse brutale des exportations saoudiennes, c'est le monde entier qui souffrira de pénurie et les cours s'envoleront.

Nous sommes au bord d'un triple choc pétrolier, beaucoup plus important que ceux de 1973 et 1979. Un choc géologique, par franchissement du pic de la production pétrolière. Même si des controverses existent sur la date de ce pic (aujourd'hui ? En 2007 ? En 2010 ?), ne pas en tenir compte ni en informer la population nous paraît irresponsable. Un choc économique, par excès structurel de la demande sur l'offre. Les prix vont grimper. Il en est toujours ainsi lorsque la quantité d'un bien est durablement inférieure à celle réclamée par les acheteurs, notamment dans les secteurs où ce bien n'est pas rapidement substituable par un autre, ce qui est le cas pour le pétrole. Un choc géopolitique, par la permanence de la guerre et du terrorisme. Le problème du Moyen-Orient, ce n'est pas «les Arabes» ou «l'Islam», c'est notre longue addiction au pétrole, c'est la complaisance américaine et européenne envers des régimes répressifs, c'est l'hubris productiviste.

La flambée des prix va-t-elle faire baisser la demande ? Non. La demande de pétrole est relativement inélastique par rapport aux prix (contrairement à la demande de fraises). Autrement dit, ce n'est pas parce que les prix vont monter que la demande diminuera. D'abord parce que d'énormes investissements ont été réalisés depuis un siècle pour profiter des avantages du pétrole. Ce qui veut dire que d'éventuels substituts exigeront beaucoup de temps et d'argent pour remplacer le pétrole. D'autant plus que toute décision de substitution massive n'est pas basée sur le prix courant du pétrole mais sur les anticipations des prix futurs. Or le marché du pétrole est accoutumé au Yo-Yo des cours, certaines périodes de forte hausse (chocs de 1973 et 1979) étant suivies de fortes baisses (contre-choc de 1986). En conséquence, les hausses des cours sont toujours interprétées comme provisoires, en attente d'une baisse. En outre, le pétrole est moins un produit final qu'un facteur de production, souvent un petit facteur dans un coût de production total. Résultat de tout cela : il n'y a guère d'incitation à la substitution du pétrole. Même le changement climatique et ses effets létaux ne persuadent pas du contraire l'acheteur d'un 4x4 dont la grand-mère est morte pendant la canicule de 2003.

Le gaz naturel remplacera-t-il le pétrole ? Non. Le gaz ne représente que 22 % de la consommation mondiale d'énergie finale. Il commence, lui aussi, à décliner dans certaines régions (Amérique du Nord). Ses modes d'extraction, de transport, de stockage et d'utilisation sont assez différents de ceux du pétrole. Le gaz naturel ne peut pas être la matière première de substitution des milliers de produits de la pétrochimie. Par ailleurs, le pic de production du gaz adviendra quelques années après celui du pétrole. Quelle autre source d'énergie pourrait remplacer le pétrole ? Aucune. Le charbon ? Le nucléaire ? L'hydrogène ? L'hydroélectricité ? Le solaire et l'éolien ? La biomasse ? La géothermie ? Soyons sérieux. On ne peut substituer magiquement une énergie à une autre. Un effort considérable en faveur des énergies renouvelables permettrait de se passer de pétrole dans cinquante ans, pas dans cinq ans.

Que faire ? La fin imminente du pétrole bon marché est la plus grande épreuve qu'ait jamais affrontée l'humanité. Désormais inévitables, les conséquences sociales de cette épreuve seront dévastatrices. Afin d'en repousser un peu la date et d'en réduire un peu les effets, la seule conduite possible est l'apprentissage de la sobriété. C'est-à-dire réduire longuement notre consommation de pétrole. En commençant par le secteur des transports. Lorsque les cours du brut augmentent comme aujourd'hui, les prix des carburants augmentent, d'abord ceux des carburants détaxés (kérosène, gazole agricole et halieutique), puis ceux de tous les carburants. Alors, nos déplacements en voitures, bus, camions, avions seront rationnés. D'abord rationnés par les prix, ce qui est très inégalitaire. Ensuite, les prix grimpant toujours, le rationnement signifiera une limitation physique en terme de litres par mois et par personne. Les différences de revenu entre riches et pauvres seront immédiatement neutralisées par cette modalité de la justice sociale. Quel parti politique est prêt à annoncer une telle orientation ?

Par
Yves Cochet
député (Verts) de Paris, ancien ministre de l'Aménagement du territoire
et de l'Environnement.
   
 http://www.liberation.fr/page.php?Article=228743
 


par jeromet le 2004-08-06 12:59:33
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